L-elawi
est la danse masculine la plus connue dans la ville d'Oujda : les
instruments utilisés sont le bendir et, éventuellement, le hautbois (l-ghayTa).
Les
danseurs tiennent à la main un fusil ou une canne ; les épaules et les
pieds sont les parties du corps sollicitées. Le(s) joueur(s) de bendir
et les danseurs s’accordent dès le départ sur les combinaisons du rythme
à exécuter (l-Hsab) pour harmoniser parfaitement les coups à marquer par
terre avec les pieds selon les intervalles que les joueurs de bendir
exécutent.
Ces
coups sont des mesures composées de nombres précis, d’intervalles
calculés entre les coups sur les bendir et les coups que danseurs
exécutent simultanément. Chaque coups et chaque intervalle a un nom :
bunt (un coup), sbaysiya (trois coups), eraychiya (coups dont le nombre
dépend de la suite des deux premières mesures, successifs et séparés par
un intervalle marqué par un vide (xewyal]). La simultanéité des coups
sur les bendir et des mouvements des corps des danseurs est la règle du
jeu. Une discipline rigoureuse est observée dans ces rôles sans aucun
droit à l’erreur. Des variantes de cette danse peuvent être exécutées
selon des rythmes rapides (par exemple : le nhari et le menguchi).
De nos
jours, certaines associations musicales ont été créées dans le but de
perpétuer cette tradition dans la ville d’Oujda, parmi lesquelles :
l’association Andaloussia, La Mossillia, l’orchestre Salam, l’Orchestre
de la wilaya d’Oujda, l’ensemble Ahbab Cheikh Salah et l’association
Ismaiilia. Ces groupes tentent de representer des écoles mais aussi des
courant artistiques andalous : ceux de Tlemcen ou Gharnata, d’Alger ou
Cordoue, de Fès ou Séville.