La
ville d’Oujda, est comme toute autre ville marocaine, a son propre
artisanat. Malgré que certains métiers ont disparu comme les dinandiers
(ses artisans sont allées à Fès ou ailleurs), on trouvait, les potiers
et les tisserands, ceux sont toujours là pour les besoins du quotidien
et les gestes ancestraux.
Le tapi :
Comme partout au Maroc, la région orientale a
sa production de tapis en laine, avec des caractéristiques bien
déterminées : Longueur des fils intérieurs de 2 cm, dessins spécifiques
et quantité de nœuds définie par cm2. La laine provient des peaux de
moutons. Elle est utilisée à l’état naturel avec quatre couleurs :
blanc, noir, gris, marron. L’ouvrage se fait seulement à l’aide d’un
métier à tisser vertical. Ce sont surtout les femmes qui exécutent cet
ouvrage. Elles opèrent manuellement et se déplacent continuellement. Ce
qui en fait un travail très fatigant. Les tapis sont très demandés
durant la période des mariages parce qu’ils représentent une des pièces
principales du trousseau des jeunes mariés.
Objets en Alpha :
La plante " Alfa" pousse de manière très répandue dans la
campagne de toute la région d’Oujda. Une fois la plante récoltée, on la
fait bouillir à peu près deux heures de façon à ce qu’elle s’ouvre. On
la travaille mouillée et on commence par un nœud initial qui permettra
de continuer l’ouvrage en spirale .Il est fait entièrement à la main à
l’aide d’un poinçon .On peut aussi utiliser des fils colorés qui ont
obtenu cette couleur grâce à l’ébullition initiale avec des pigments
colorants. La fabrication en alpha se faisait traditionnellement par les
femmes dans leur maison pour se procurer des instruments de cuisine :
paniers, plats pour la préparation et pour la cuisson (particulièrement
le couscous). Aujourd’hui, il ne reste que quelques femmes qui les
produisent et les vendent au souk.
Brodrerie Majboud :
Un travail particulièrement original est celui du
Majboud, qui se fait avec un fil doré. C’est un ouvrage qui résulte de
l’échange avec l’Algérie voisine où il a des racines bien ancrées
surtout dans les zones qui se trouvent près de la frontière marocaine.
Ce sont des broderies sur plusieurs objets, des vêtements féminins, des
chaussures, des chapeaux, et pour la décoration des salles de fête,
particulièrement pour le premier jour de mariage. La broderie peut être
appliquée sur divers modèles de vêtement féminins, sur des vestes qui se
portent avec des pantalons. Ce sont surtout des tenues de soir et de
fête.C’est un travail qui prend beaucoup de temps et qui demande
patience et constance : pour réussir un habit de femme, un habit très
richement décoré, il faut 6 mois. Pour un autre plus simple, il faut 3
mois.